Vous avez peut-être déjà entendu dire que les chiens, avec leur flair exceptionnel, peuvent détecter si une personne a de mauvaises intentions. Cette croyance populaire, renforcée par des anecdotes de chiens grognant face à certains individus, a longtemps alimenté l’idée qu’ils sont de véritables boussoles morales. Mais qu’en dit la science ? Une étude récente menée par l’université de Kyoto, publiée le 18 juillet 2025 dans Animal Cognition, apporte un éclairage nouveau et surprenant. Voici ce que vous devez savoir sur ce mythe tenace et les capacités réelles de nos amis à quatre pattes.
Une étude qui remet en question les idées reçues
L’étude japonaise a testé l’hypothèse selon laquelle les chiens pourraient faire la distinction entre une personne généreuse et une personne égoïste. Les chercheurs ont mis en scène une expérience avec 40 chiens de compagnie, confrontés à deux humains : l’un offrait une friandise à un autre chien, tandis que l’autre la refusait. Résultat ? Les chiens n’ont montré aucune préférence significative entre la personne généreuse et la personne égoïste, même après un contact direct. Leurs choix semblaient dictés par le hasard, défiant l’idée qu’ils peuvent « flairer » la moralité humaine.
Cette conclusion contredit des études antérieures, comme une expérience menée à Buenos Aires où des chiens apprenaient en quelques séances à contourner une personne égoïste pour s’approcher de celle qui partageait la nourriture. Cependant, ces résultats plus anciens étaient biaisés par des facteurs comme la position des humains ou des bols dans l’espace, un problème corrigé dans l’étude de Kyoto. Une méta-analyse de juin 2025 a également révélé que, lorsque ces biais sont contrôlés, l’effet de « flair moral » disparaît dans la plupart des cas.
Le flair des chiens : une prouesse olfactive, pas morale
Si les chiens ne détectent pas les « mauvaises personnes », leur odorat reste extraordinaire. Avec 200 millions de cellules olfactives (contre 5 millions chez l’humain), ils excellent dans la détection de signaux chimiques. Par exemple :
- Détection de maladies : Des études montrent que des chiens entraînés peuvent identifier des cancers (poumon, sein, prostate) ou des maladies comme le Covid-19 en reniflant des échantillons de sueur ou d’haleine, avec un taux de réussite pouvant atteindre 90 %.
- Stress et émotions : Les chiens peuvent percevoir des changements chimiques liés au stress ou à l’anxiété humaine, comme l’a démontré une expérience rapportée par Clara Wilson dans The Conversation.
- Criminalistique : En France, depuis 2003, l’odorologie canine est utilisée dans plus de 500 enquêtes judiciaires, les chiens identifiant des odeurs humaines avec une fiabilité remarquable après un an de formation.
Ces capacités s’expliquent par des composés organiques volatils émis par le corps humain, qui varient selon l’état de santé ou les émotions. Cependant, rien n’indique que ces composés révèlent des intentions morales.
Pourquoi le mythe persiste-t-il ?
La croyance en un « sixième sens » canin vient en partie d’observations anecdotiques et de biais humains. Par exemple :
- Comportement protecteur : Un chien qui grogne face à un inconnu peut réagir à des signaux non verbaux (posture, ton de voix) ou à l’anxiété de son maître, et non à une « mauvaise intention ».
- Biais de publication : Les études montrant des résultats positifs sur le « flair moral » sont plus souvent publiées que celles montrant l’absence d’effet, créant une illusion de consensus.
- Héritage culturel : Les récits, comme celui d’un chien détectant un mélanome malin chez sa maîtresse en 2013, renforcent l’idée que les chiens perçoivent des choses invisibles.
Ce que les chiens perçoivent vraiment
Plutôt qu’un jugement moral, les chiens réagissent à des indices olfactifs, visuels ou comportementaux. Une étude de 2015 a montré qu’ils préfèrent les humains utilisant une voix douce ou établissant un contact visuel prolongé, mais cela reflète une préférence sociale, pas une évaluation éthique. De plus, leur capacité à estimer les quantités (jusqu’à 5 objets) ou à réagir à des signaux humains complexes témoigne de leur intelligence sociale, forgée par des millénaires de domestication.
Implications pour les propriétaires de chiens
Cette étude ne diminue en rien la valeur des chiens comme compagnons. Leur loyauté et leur capacité à décrypter nos émotions restent inégalées. Voici quelques conseils pour mieux comprendre votre chien :
- Renforcement positif : Utilisez des récompenses pour encourager les bons comportements, comme recommandé dans des ouvrages comme Comment parler chien de Stanley Coren.
- Attention aux signaux : Si votre chien semble méfiant envers quelqu’un, observez les indices contextuels (ton, posture) plutôt que d’y voir un jugement moral.
- Dressage ciblé : Si vous souhaitez exploiter leur flair, un dressage spécifique peut leur permettre de détecter des odeurs liées à des maladies ou à des situations précises.
Conclusion
Non, les chiens ne flairent pas les « mauvaises personnes » au sens moral. Leur incroyable odorat leur permet de détecter des changements chimiques ou des signaux sociaux, mais pas de juger les intentions. L’étude de Kyoto nous invite à admirer les chiens pour ce qu’ils sont vraiment : des compagnons sensibles et intelligents, capables de prouesses olfactives, mais pas de miracles moraux. Alors, continuez à chérir votre fidèle ami, mais ne comptez pas sur lui pour trier vos fréquentations !
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