Deux ados britanniques ont failli déclencher une crise mondiale en cherchant des OVNIs

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En 1994, deux adolescents britanniques, Mathew Bevan et Richard Pryce, ont secoué le Pentagone avec un modem 56k et une obsession pour les extraterrestres. Leur quête pour prouver l’existence d’OVNIs les a conduits à pirater les systèmes les plus sensibles de l’armée américaine, frôlant un incident diplomatique majeur. Voici l’histoire incroyable de « Kuji » et « Datastream Cowboy », deux hackers qui ont fait trembler les États-Unis.

Une intrusion dans les systèmes militaires

Mathew Bevan, 21 ans, de Cardiff, et Richard Pryce, 16 ans, de Londres, n’étaient pas des espions professionnels. Inspirés par X-Files et les théories du complot, ils cherchaient des preuves de secrets extraterrestres cachés par le gouvernement américain. Armés d’un simple modem et de compétences acquises sur des forums underground, ils ont infiltré le Rome Laboratory, le centre névralgique de l’US Air Force dédié à l’intelligence artificielle militaire et aux systèmes de guidage radar.

Leur intrusion a été découverte en mars 1994, quand un programme espion, ou « sniffer », installé par les deux hackers, a saturé un disque dur et fait planter le système. Pendant 26 jours, ils ont exploré les réseaux militaires, accédant à la NASA, à la base de Wright-Patterson (réputée pour ses liens avec les OVNIs), et même à des données du Korean Atomic Energy Research Institute en Corée du Sud. Ce dernier incident a failli être interprété comme un acte de guerre par les autorités sud-coréennes, mettant les enquêteurs américains sur les nerfs.

Une traque à l’échelle mondiale

Jim Christy, chef des investigations cybercriminelles de l’Air Force, a dirigé la traque. Les hackers, opérant sous les pseudonymes « Kuji » et « Datastream Cowboy », laissaient des traces partout, copiant des téraoctets de données sensibles, lisant des emails d’officiers et téléchargeant des simulations de champs de bataille. Leur manque de discrétion a permis à l’Air Force Office of Special Investigations (AFOSI) de remonter jusqu’à eux.

Grâce à un informateur sur un forum à Seattle, Richard Pryce a été identifié et arrêté par Scotland Yard en mai 1994. Terrorisé, il a avoué et dénoncé son complice, « Kuji », sans connaître son identité. En juin 1996, Mathew Bevan a été arrêté à son tour, dans sa chambre tapissée d’affiches de science-fiction. Contre toute attente, les charges contre Bevan ont été abandonnées en 1997 pour des raisons budgétaires, tandis que Pryce s’en est sorti avec une amende de 1 200 livres sterling.

Une leçon de cybersécurité

L’affaire a révélé la vulnérabilité des réseaux militaires américains, jusqu’alors considérés comme imprenables. Les dégâts directs ont été estimés à plus de 211 722 dollars, sans compter les coûts de l’enquête et du renforcement des systèmes. Cette intrusion a marqué un tournant, incitant les États-Unis à investir massivement dans la cybersécurité.

Ironie du sort, Bevan n’a trouvé aucune preuve d’OVNIs, malgré ses fouilles dans les systèmes de la NASA et de Wright-Patterson. « J’ai cherché partout, rien, nada », a-t-il confié. Les théoriciens du complot y ont vu la preuve d’une conspiration encore plus sophistiquée, mais pour Bevan, l’aventure s’est terminée par une reconversion réussie dans la sécurité informatique éthique. Aujourd’hui, il dirige sa propre entreprise, Kuji Media Corporation, tandis que Pryce, traumatisé, a abandonné l’informatique.

Quand la réalité dépasse la fiction

Cette histoire digne d’un épisode de X-Files montre comment deux adolescents, motivés par une quête improbable, ont exposé les failles d’un géant militaire. Elle rappelle aussi que, dans les années 90, Internet était un Far West numérique où un modem et une bonne dose d’audace suffisaient à défier les plus grandes puissances.


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