Introduction — Le petit euro qui finit par peser
Vous sortez de la pharmacie avec deux boîtes de médicaments. Le pharmacien tape, l’écran affiche 2 € de franchise, vous validez sans y penser. Ces petits euros-là , personne ne les compte. Sauf l’Assurance maladie, qui a un compteur. Et ce compteur a un plafond.
👉 Au 1er octobre 2026, ce plafond annuel passe de 100 € à 140 €. Les montants à l’unité ne changent pas. Vous payez simplement plus longtemps avant que le compteur s’arrête.
Le décret qui déplace la ligne d’arrivée
Le décret n° 2026-858 du 11 septembre 2026 relève deux plafonds à la fois. Il y en a en effet deux, qui se cumulent :
- les franchises médicales : de 50 € à 70 € par an ;
- les participations forfaitaires : de 50 € à 70 € par an.
👉 Total : 140 € au lieu de 100 €. Soit 40 % de reste à charge maximal en plus. Ça ressemble à un arrondi. C’est un décret.
Ce que vous payez à chaque passage (spoiler : rien de neuf)
Bonne nouvelle, si l’on ose dire : le montant unitaire reste inchangé. Voici la grille, telle qu’elle était avant et telle qu’elle reste :
- 1 € par boîte de médicaments ;
- 1 € par acte paramédical ;
- 4 € par transport sanitaire ;
- 2 € de participation forfaitaire par consultation, acte médical, radio ou analyse.
👉 Rien ne coûte plus cher au comptoir. C’est le moment où vous arrêtez de payer qui recule.
Qui va vraiment payer 40 € de plus ?
Pas tout le monde. Un plafond, c’est un maximum, pas une facture. Si vous consultez peu, vous n’atteindrez jamais ni 50 € ni 70 €, et rien ne change pour vous.
Ceux qui sont touchés, ce sont les gros consommateurs de soins : traitements longs, séances de kiné, examens à répétition. Pour les participations forfaitaires, on passe de 25 forfaits de 2 € à 35 forfaits de 2 €. Dix passages en plus avant que le compteur ne s’arrête.
👉 Plus vous êtes soigné, plus vous êtes concerné. C’est la logique du dispositif, pas un bug.
Et les euros déjà payés depuis janvier ?
Le calcul se fait par année civile. Les sommes déjà retenues depuis janvier comptent : votre compteur ne repart pas à zéro le 1er octobre.
Concrètement, si vous aviez déjà atteint le plafond de 50 € avant octobre, les retenues reprennent après le 1er octobre, jusqu’à 70 €. Le compteur s’était arrêté. Il est simplement reparti.
👉 Vous n’avez aucune démarche à faire. Les retenues s’appliquent automatiquement lors des remboursements.
Les exceptions à connaître (parce qu’il y en a toujours)
Environ 18 millions de personnes restent exonérées. Parmi elles :
- les moins de 18 ans ;
- les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S) ;
- les femmes enceintes, du 6e mois de grossesse jusqu’au 12e jour après l’accouchement.
👉 Si vous êtes dans l’une de ces cases, cet article est purement culturel. Vous pouvez continuer à ne pas regarder l’écran du pharmacien.
Le hic : la prochaine hausse n’aura même plus besoin de décret
C’est le détail qui compte pour la suite. À partir du 1er janvier 2028, les plafonds seront revalorisés chaque année selon l’inflation. Fini les décisions ponctuelles : la hausse deviendra automatique.
👉 Autrement dit, le 140 € d’aujourd’hui n’est pas un point final. C’est un point de départ.
Conclusion — Petit chiffre, vraie ligne budget
💬 Quarante euros par an, ce n’est pas un drame. Mais pour un foyer qui enchaîne les soins, c’est une ligne de plus dans le budget santé, et elle ne fera que grossir avec l’inflation à partir de 2028.
Le bon réflexe : jetez un œil à vos décomptes de remboursement. Vous y verrez où en est votre compteur. Mieux vaut connaître son chiffre avant que le pharmacien ne le tape à votre place.

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