Introduction — Le bail, ce document qu’on signe sans le relire
Vous avez déjà signé un bail ? Alors vous connaissez le rituel. Vingt pages, des petits caractères, un propriétaire qui attend, et vous qui paraphez en bas de chaque page sans rien lire. Bref, un grand moment de lucidité collective.
👉 Depuis le 1er octobre 2026, le contrat type de location change. Rien de spectaculaire en apparence. Mais une clause sur les loyers impayés devient obligatoire dans le modèle, avec un délai précis : six semaines. Et ça vaut le coup de comprendre ce que ça veut dire, que vous soyez locataire ou bailleur.
Ce qui change, en deux phrases
Le modèle officiel de bail pour les locations vides, meublées et en colocation (avec bail unique) est mis à jour. La grande nouveauté : il intègre une clause de résiliation automatique en cas d’impayé de loyer, de charges ou de dépôt de garantie.
👉 Cette clause, qu’on appelle clause résolutoire, n’est pas une invention du jour. Elle découle d’une loi de juillet 2023. Le nouveau modèle de bail se contente de la mettre noir sur blanc, pour de bon.
Six semaines : le compteur qui décide de tout
Le point clé tient en une durée. La clause ne s’applique pas dès le premier retard. Elle ne joue qu’six semaines après un commandement de payer resté sans effet.
Concrètement, le propriétaire envoie d’abord ce commandement. Le locataire a alors six semaines pour régler. Passé ce délai sans paiement, la clause peut produire son effet.
👉 Le retard d’un jour ne fait donc pas sauter le bail. Mais le silence radio, lui, coûte cher. Selon Selectra, ce délai était auparavant de deux mois pour les anciens baux. Autrement dit, ça raccourcit un peu l’attente.
Qui est concerné (et qui ne l’est pas)
C’est le point où tout le monde s’emmêle. Le nouveau modèle vise les baux conclus ou renouvelés à partir du 1er octobre 2026. Votre bail en cours n’est pas réécrit du jour au lendemain.
- Locations vides et meublées : concernées par le nouveau modèle.
- Colocation avec bail unique : concernée aussi.
- Bail mobilité et location saisonnière touristique : exclus.
👉 Bonne nouvelle pour les anciens baux : la loi de 2023 imposait déjà cette clause aux contrats signés depuis le 29 juillet 2023. Si votre bail date d’après, il est probablement déjà dans les clous.
Les petits ajouts qui passent sous le radar
Le modèle apporte aussi quelques retouches, plus discrètes :
- Le numéro de portable du bailleur et du locataire peut figurer au bail. C’est facultatif.
- Une mention sur la résidence principale, quand le logement se trouve dans une zone qui l’exige.
- Des clauses de résiliation optionnelles, comme le défaut d’assurance (avec un préavis d’un mois).
👉 Retenez le mot « optionnel ». Seule la clause sur les impayés s’impose dans le modèle. Le reste, c’est du sur-mesure.
Le hic : une clause n’est pas une expulsion
Attention au raccourci qui circule : « six semaines et dehors ». Non. Cette clause ouvre la porte à la résiliation du bail. Elle ne vous met pas à la rue en 42 jours chrono.
Pour récupérer un logement, un propriétaire doit encore passer par la justice. Et un locataire en difficulté a tout intérêt à réagir vite : prévenir, négocier, discuter avec son bailleur, plutôt que de laisser le commandement dormir dans la boîte aux lettres.
👉 Les textes n’annoncent pas non plus de bouleversement pour les baux déjà signés. Pas de panique, donc. Mais pas de politique de l’autruche non plus.
Conclusion — Ce qu’il faut en retenir
💬 Verdict : une réforme plus administrative que révolutionnaire. Le modèle de bail se met à jour, la clause sur les impayés devient la norme, et le délai de six semaines fixe un cadre clair.
Votre conseil pratique du jour : si vous louez ou si vous comptez signer un bail, relisez la clause « impayés » et vérifiez la date de votre contrat. Et si ça coince un mois, ne laissez pas traîner. Un mail, un appel, c’est gratuit. Un commandement de payer, beaucoup moins.

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