Casque de chantier jaune, gants de protection, dossier de fiches de paie et calculatrice posés sur un établi d'atelier

🦺💶 Accident du travail : dès le 1er novembre, vos indemnités Sécu sont plafonnées (jusqu’à 175 € de moins par jour)

Introduction — Le coup de marteau, version Sécu

Un chantier, une échelle, un faux pas. Arrêt de travail pour plusieurs semaines. Jusqu’ici, la Sécu vous versait une indemnité calculée sur un salaire plafonné très haut. Depuis le 1er novembre 2026, ce plafond a pris un sacré coup de rabot.

👉 Pour les accidents du travail et les maladies professionnelles survenus à partir de cette date, les indemnités journalières versées par la Sécu sont plafonnées bien plus bas. Si vous gagnez correctement votre vie, ça vous concerne.


Un plafond divisé par près de quatre

Le mécanisme est simple. La Sécu calcule votre indemnité à partir d’un salaire journalier de référence, mais ce salaire est limité par un plafond. Ce plafond vient de passer de 400,82 € à 108,62 € par jour. Soit environ 1,8 Smic.

Ça sort d’un décret du 30 septembre 2026. Les sources que nous avons recoupées (Tissot, Lefebvre Dalloz, JeChange) donnent les mêmes chiffres.

Pour situer : l’ancien plafond ne gênait pratiquement personne. Il fallait gagner des sommes confortables pour le toucher. Le nouveau, lui, se déclenche dès un salaire de cadre moyen. C’est le vrai changement de fond, bien plus que le chiffre en lui-même.

👉 Autrement dit : le plafond a été ramené à un niveau que beaucoup de cadres et de salariés qualifiés dépassent largement.


Ce que ça donne, en euros par jour

Les indemnités maximales versées par la caisse d’assurance maladie changent ainsi :

  • Du 1er au 28e jour d’arrêt (60 %) : de 240,49 € à 65,17 € par jour au maximum.
  • À partir du 29e jour (80 %) : de 320,66 € à 86,90 € par jour au maximum.

Faites le calcul : sur les 28 premiers jours, la perte potentielle atteint 175 € par jour pour les salaires les plus élevés. C’est le genre d’écart qu’on remarque sur un relevé bancaire.


À partir de quel salaire ça pique ?

Le nouveau plafond joue à partir d’environ 3 304 € brut par mois. En dessous, vous ne changez rien : votre indemnité se calcule sur votre vrai salaire, comme avant.

Prenons un exemple sans prétention. Vous êtes à 4 500 € brut par mois. Avant, votre indemnité suivait votre salaire. Maintenant, elle est calculée comme si vous en gagniez 3 304. Le reste, personne ne le comble automatiquement. À vous de vérifier qui peut le faire.

👉 Au-dessus, la Sécu ne regarde plus la différence. Que vous gagniez 3 500 € ou 8 000 €, la base retenue est la même : 108,62 € par jour.


Pourquoi maintenant ? La version officielle

Selon l’analyse publiée par Lefebvre Dalloz, le gouvernement invoque la « dégradation rapide du solde de la branche accidents du travail et maladies professionnelles ». Il veut aussi responsabiliser davantage les employeurs.

Traduction : la branche AT/MP est dans le rouge, et on ajuste la facture. Le même article indique que le complément versé par l’employeur devrait, lui, augmenter en conséquence. À vérifier au cas par cas.


Le détail qui sauve (ou pas) : la date de l’accident

C’est la date de l’accident qui compte, pas celle du début de l’arrêt. Si l’événement s’est produit avant le 1er novembre 2026, vous restez sur l’ancien plafond. Après, c’est le nouveau.

👉 Un accident du 31 octobre et un accident du 1er novembre ne sont donc pas traités pareil. Oui, c’est un peu brutal.


Ce que vous pouvez vérifier dès aujourd’hui

Pas de panique, mais quelques réflexes simples :

  • Regardez votre convention collective : elle prévoit parfois un maintien de salaire par l’employeur.
  • Relisez votre contrat de prévoyance : certains calculent leur versement à partir des indemnités de la Sécu, qui baissent ici.
  • Posez la question à votre service RH ou à votre mutuelle, par écrit.

Conclusion — Le filet existe, il est juste plus fin

💬 Verdict : si vous gagnez moins de 3 304 € brut par mois, vous ne verrez rien. Au-dessus, la protection de base de la Sécu devient nettement plus mince, et tout se joue sur ce que votre employeur ou votre prévoyance prennent en charge.

Le conseil : n’attendez pas l’accident pour lire votre notice. Dix minutes avec votre contrat valent mieux que dix semaines de surprise. Cet article est informatif et ne remplace pas l’avis d’un professionnel du droit ou de la protection sociale.


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